Le 8 juillet 2004, notre camarade et amie Oihane Errazkin Galdos nous a quittés. Elle nous a quittés pour échapper à la machine répressive qu´est l´Etat Français.
De la même façon que pendant des siècles vous avez essayé d'anéantir et d'étouffer le peuple basque, vous essayez d'exterminer les résistants basques là où ils sont les plus vulnérables, dans vos prisons.
Le système de vengeance français, votre système, conduit à la mort. La liste des camarades basques exterminés dans les prisons espagnoles et françaises est longue et aujourd´hui Oihane fait partie de cette liste, liste dans laquelle se trouvent les meilleurs fils et filles de notre peuple. Aujourd´hui et ici, devant ce tribunal d'exception français, Oihane vous dit haut et clair qu'elle est militante de l'organisation armée basque E.T.A., Euskadi Ta Askatasuna, ce qui, dans votre langue veut dire Peuple Basque et Liberté.
Elle vous dit qu'elle est la fille d'un peuple harcelé et saccagé sans arrêt par ses voisins, les Etats Français et Espagnol. Elle vous dit que chez nous vous êtes les maîtres de la répression et de la torture. Elle vous dit que depuis qu'elle est née, elle n'a pas connu et vécu autre chose que la répression brutale que vous faites subir à notre peuple. Elle vous dit que c'est à cause de vous qu'elle a pris les armes, à cause de votre esprit colonisateur, que c'est par la force des armes que vous essayez de soumettre tout un peuple et que pour arriver à vos fins vous utilisez tous les moyens répressifs qui existent sur la surface de la terre.
Elle vous dit que les derniers 40 ans de répression brutale que nous les Basques avons subis ont été terribles. La liste des atrocités qui ont été commises chez nous et dont vous êtes les responsables directs est trop longue et trop cruelle pour un État qui se dit défenseur des droits de l'Homme.
Elle vous rappelle que la répression n'est pas la solution, car, chez nous, au sein du peuple basque, il y a eu, il y a et demain aussi il y aura des Basques prêts à faire face à votre stratégie répressive et, s'il le faut, se battre les armes à la main pour devenir un peuple libre.
Elle vous dit de ne pas perdre de temps avec des stratégies répressives vouées à échouer les unes après les autres.
Elle vous rappellerait que cela fait 8 mois que l'Organisation armée basque E.T.A. a annoncé l'arrêt permanent de ses actions armées et que 8 mois après vous ne reconnaissez toujours pas l'existence du peuple basque et que votre machine répressive continue encore de réprimer à plein gaz la résistance basque en pensant l'annihiler un jour, mais vous n'avez toujours pas réussi, et vous n'y arriverez jamais.
Elle vous dit que vous vous trompez, car pour le conflit basque il n'y a pas de recette répressive qui puisse marcher. Il n'y a qu'une solution au conflit politique basque: cessez de nier l'existence du peuple basque et arrêtez de violer les droits qui lui sont légitimes.
Reconnaissez l'existence du peuple basque, commencez par entendre, laissez choisir et respectez la voix des citoyens basques, tout cela revient à dire: reconnaissance de la territorialité du peuple basque et de son droit légitime. Elle vous dit que la solution se trouve là et que tous les autres chemins que vous essayeriez de prendre ne nous amèneraient qu'à la prolongation du conflit avec des conséquences connues de tous, de vous les États Français et Espagnol, et de nous le peuple basque.
Et aujourd´hui et ici, devant ce tribunal d'exception français qui nous interdit de nous exprimer dans notre langue maternelle, c'est à dire, la langue basque, elle vous dit qu'elle refuse de répondre à vos questions, car vous aussi faites partie de cette machine répressive qui essaie de soumettre tout un peuple au nom d'on ne sait quel droit. Vous pouvez nous condamner, mais jamais vous ne pourrez nous juger.
Oihane vous dit tout cela, et je vous dis que je suis moi aussi militant de l'organisation armée basque E.T.A. et que pour les mêmes motifs qu'Oihane, je vais moi aussi refuser de répondre à vos questions.
Je voudrais finir en embrassant très fort la famille d'Oihane Errazkin Galdos en notre nom à tous, et aussi les personnes qui sont venues jusqu'ici pour nous montrer leur soutien.
AUPA ZUEK !!!
LEPOAN HARTU TA SEGI AURRERA !!!
GORA EUSKAL HERRIA ETA ASKATASUNA !!!
GORA OIHANE !!!